Nouvelle stratégie de sécurité nationale en 2025 des États-Unis : ce que les entreprises françaises doivent anticiper | Influa
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Quand la géopolitique recompose le récit des marques : la nouvelle stratégie de sécurité nationale américaine rebat les cartes pour la communication des entreprises européennes

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#NSS2025 Les États-Unis ont publié début décembre 2025 une nouvelle « National Security Strategy » (NSS) qui redéfinit leurs priorités : recentrage sur l’hémisphère occidental, pression accrue sur les alliés européens, approche plus sélective vis‑à‑vis de la Chine et recentrage sur les intérêts « America First ».

Cette stratégie marque une rupture par rapport à l’orientation 2022 de l’ère Biden, en réactivant une lecture très souverainiste et néo‑monroeiste du rôle des États‑Unis dans le monde.

L’impact en France n’est pas théorique. Il touche directement les contenus que les marques publient, les canaux qu’elles utilisent et les partenariats qu’elles signent.

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Ce qu'il faut retenir :
  • Réalignement transatlantique sous conditionnalité : Les relations Europe–États-Unis deviennent transactionnelles : Washington attend un partage du fardeau sécuritaire et économique. Les entreprises européennes opérant aux USA doivent ajuster leur discours pour démontrer leur contribution concrète à la souveraineté américaine (emplois, chaînes d’approvisionnement, technologies critiques).
  • Pression politico-culturelle sur les marques européennes : La NSS 2025 assume une lecture civilisationnelle et identitaire. Les marques sont exposées à des polémiques culturelles plus fréquentes et doivent calibrer finement leurs récits autour des valeurs, de l’inclusion ou du climat selon les sensibilités de chaque État et segment sociopolitique.
  • Exigence de “local proof” dans le marketing et la communication : Les industries européennes fortement exposées (luxe, aéronautique, pharma, agroalimentaire) doivent renforcer la preuve locale : ancrage économique, contribution industrielle, partenariats US, sécurisation des approvisionnements, respect des normes technologiques et de sécurité américaines.
  • Risque d’asymétrie réglementaire et technologique : L’affirmation de normes américaines (IA, biotechnologies, énergie) crée un risque de divergence avec le cadre européen. Les entreprises doivent anticiper la coexistence de deux régimes de conformité et ajuster leur stratégie de communication pour rassurer investisseurs, consommateurs et autorités de part et d’autre.
  • Nécessité pour les entreprises européennes de repenser leur stratégie narrative globale : La compétition idéologique implicite USA–UE impose un repositionnement : transparence sur les chaînes de valeur, souveraineté, cybersécurité, durabilité, et contribution à la stabilité transatlantique. La communication corporate devient un levier géopolitique, et non plus seulement réputationnel.

Quelles sont les priorités stratégiques de la nouvelle doctrine "America First" dans le monde ?

La nouvelle doctrine "America First," qui fonde la Stratégie de Sécurité Nationale (NSS) de 2025, est motivée par une approche sélective et transactionnelle de la politique étrangère, se concentrant uniquement sur la protection des intérêts nationaux fondamentaux.

Quelles sont les priorités stratégiques de la nouvelle doctrine

Cette stratégie opère une rupture idéologique majeure avec les doctrines antérieures en rejetant l'idée d'une domination mondiale permanente de l'Amérique et en hiérarchisant de manière stricte les objectifs.

Les priorités stratégiques mondiales de cette nouvelle doctrine sont structurées autour de la sécurité intérieure, de la puissance économique et d'un pivot géographique explicite :

1. Pivot géographique absolu : L'hémisphère occidental

L'hémisphère occidental est élevé au rang de priorité absolue des États-Unis. Ce recentrage vise à garantir la sécurité frontalière et à contrer l'influence étrangère près du territoire national.

  • Sécurité et migration : La sécurité des frontières est considérée comme l'élément primaire de la sécurité nationale, et l'administration déclare que "L'ère de la migration de masse doit prendre fin". L'objectif est d'assurer que l'hémisphère reste suffisamment stable pour prévenir et décourager la migration de masse vers les États-Unis.
  • Corollaire Trump à la doctrine Monroe : La doctrine sera mise en œuvre par l'affirmation et l'application du "Corollaire Trump" à la doctrine Monroe. Ce corollaire vise à restaurer la prééminence américaine dans l'hémisphère, à prévenir l'incursion étrangère hostile ou la prise de contrôle d'actifs stratégiques clés par des concurrents non-hémisphériques, et à garantir l'accès aux emplacements stratégiques.
  • Lutte contre le crime transnational : L'administration cherche à recruter et à étendre (les objectifs "Enlist and Expand") les partenariats pour coopérer contre les narco-terroristes, les cartels et autres organisations criminelles transnationales, y compris, si nécessaire, par l'usage de la force létale.

2. Domination économique et technologique

La sécurité économique est jugée fondamentale pour la sécurité nationale, l'économie américaine étant considérée comme la base de la position mondiale des États-Unis et le fondement nécessaire de leur puissance militaire.

  • Avantage technologique : Les États-Unis veulent conserver leur statut de pays le plus avancé et innovant scientifiquement et technologiquement. Ils s'assureront que la technologie et les normes américaines, en particulier dans l'intelligence artificielle (IA), la biotechnologie et l'informatique quantique, fassent avancer le monde.
  • Réindustrialisation et chaînes d'approvisionnement : Cultiver la force industrielle américaine est la plus haute priorité de la politique économique nationale. La stratégie prévoit de réindustrialiser l'économie, de relocaliser la production industrielle et de garantir l'accès à des chaînes d'approvisionnement et matériaux critiques (y compris les minéraux) pour ne jamais dépendre d'une puissance extérieure pour des composants essentiels.
  • Dominance énergétique : Rétablir la dominance énergétique américaine (dans le pétrole, le gaz, le charbon et le nucléaire) est une priorité stratégique absolue pour alimenter la croissance économique, la réindustrialisation et maintenir l'avantage technologique.
  • Commerce et équité : Priorité au rééquilibrage des relations commerciales, à la réduction des déficits commerciaux, à la fin des pratiques de dumping et à l'obtention d'accords commerciaux justes et réciproques. La politique est explicitement pro-travailleur américain.

3. Asie et Indo-Pacifique

L'Indo-Pacifique est défini comme le théâtre non-hémisphérique essentiel de la compétition géopolitique. La stratégie vise à gagner l'avenir économique et à prévenir la confrontation militaire.

  • Détruire les dommages économiques : Il faut mettre fin et inverser les dommages que les acteurs étrangers infligent à l'économie américaine. La compétition avec la Chine est reconsidérée comme étant principalement une rivalité économique.
  • Détruire Taïwan : La dissuasion d'un conflit à Taïwan, idéalement en maintenant une supériorité militaire, est une priorité. Ceci est justifié par la dominance de Taïwan dans la production de semi-conducteurs et sa position géographique stratégique.
  • Partage du fardeau : La stratégie insiste auprès des alliés de la première chaîne d'îles pour qu'ils augmentent leurs dépenses et leurs contributions à la défense collective afin de renforcer la capacité conjointe à dissuader l'agression.
  • Sécurité maritime : Maintenir le détroit de Taïwan et la mer de Chine méridionale ouverts et libres de toute domination ou péage imposé par un concurrent.

4. Europe : partage des fardeaux et réalignement idéologique

La relation avec l'Europe est basée sur le principe de la fin du soutien unilatéral des États-Unis à l'ordre mondial, exigeant des alliés qu'ils assument leurs responsabilités.

  • Partage du fardeau : La priorité est le partage et le transfert du fardeau (Burden-Sharing and Burden-Shifting), obligeant les nations alliées riches à assumer la responsabilité principale de leur propre défense régionale et à y contribuer davantage. L'engagement de La Haye, qui oblige les pays de l'OTAN à dépenser 5 % de leur PIB pour la défense, est la nouvelle norme mondiale.
  • Stabilité et identité : Les États-Unis veulent soutenir leurs alliés européens pour préserver leur liberté, mais aussi pour restaurer la confiance civilisationnelle et l'identité occidentale de l'Europe.
  • Ingérence idéologique : La NSS critique ouvertement les élites et les politiques de l'UE et prévoit de "cultiver la résistance" à la trajectoire actuelle de l'Europe au sein des nations européennes, encourageant le réveil de l'esprit patriotique et nationaliste.

5. Moyen-Orient et Afrique : Réduction des Engagements

Les États-Unis cherchent à réduire leur focalisation historique sur le Moyen-Orient et à éviter les "guerres sans fin".

  • Moyen-Orient : La priorité est d'éviter qu'une puissance adversaire ne domine les réserves de pétrole et de gaz de la région et les points de passage. La politique consiste à réaffecter les fardeaux (Shift Burdens) et à encourager les partenariats d'investissement (notamment dans l'IA et les technologies de défense), tout en acceptant les régimes régionaux tels qu'ils sont, sans chercher à imposer la démocratie.
  • Afrique : La politique doit passer d'un paradigme d'aide étrangère à un modèle axé sur le commerce et l'investissement, en se concentrant sur les relations mutuellement bénéfiques, le développement des ressources naturelles abondantes (minéraux critiques) et du secteur énergétique. Il faut rester vigilant face au terrorisme islamiste, tout en évitant tout engagement ou présence américaine à long terme.

Ce que la NSS 2025 dit explicitement de l’Europe

Sur la partie Europe, la NSS 2025 est beaucoup plus politique qu’on ne le croit au premier regard :

Europe = partenaire en déclin, mais toujours stratégique

  • Baisse de la part de l’Europe dans le PIB mondial, jugée liée à une “sursaturation réglementaire” qui étouffe créativité et industrie.
  • Le texte parle explicitement de risque d’« effacement civilisationnel » : migration, baisse de natalité, perte d’identité, censure du débat public, rôle excessif des institutions transnationales.

Objectif américain : “promouvoir la grandeur européenne”, mais à leurs conditions

  • Les États-Unis disent vouloir une Europe forte, mais comme groupement de nations souveraines, moins dépendantes des structures supranationales.
  • Volonté affichée de “cultiver la résistance” à la trajectoire actuelle de l’UE, et de soutenir les forces politiques patriotiques/nationales.

Burden shifting et autonomie stratégique forcée

Le texte acte la fin de la situation où les États-Unis “portent l’ordre mondial sur leurs épaules” : l’Europe doit assumer la charge principale de sa défense, avec comme nouvelle norme la dépense de 5 % du PIB pour la défense (engagement de La Haye).

Ce que la NSS 2025 dit explicitement de l’Europe

Agenda économique très clair

  • Ouvrir davantage les marchés européens aux biens et services américains,
  • Lutter contre ce qui est décrit comme surcapacités mercantilistes, vols de technologie, cyber-espionnage et pratiques économiques hostiles, même chez des alliés.

Position sur la Russie et l’Ukraine

  • Objectif : obtenir une cessation rapide des hostilités, restaurer une “stabilité stratégique avec la Russie” et éviter que l’Europe ne s’enfonce dans une crise politique et économique durable.
  • En filigrane : l’Europe reste nécessaire, mais en tant que “bloc occidental fiable”, discipliné sur la défense et plus ouvert économiquement aux intérêts américains.

Pour les entreprises européennes : un nouvel équilibre transatlantique

Pour une entreprise française ou européenne, cette doctrine redessine le terrain de jeu :

Une relation transatlantique plus transactionnelle

  • Les États-Unis ne se positionnent plus comme protecteur idéologique de “l’Occident”, mais comme puissance qui n’engage ses ressources que si ses intérêts sont clairement servis.
  • Cela se traduira dans les deals commerciaux, les appels d’offres publics, les partenariats tech : “qu’est-ce que cela apporte concrètement au travailleur et à l’industrie américains ?” est la grille de lecture dominante.

Divergence normative structurante EU / US

  • Côté US : rejet des idéologies “Net Zero” et d’une partie de l’agenda climat, priorité à l’énergie fossile et nucléaire, re-industrialisation, protectionnisme.
  • Côté UE : Green Deal, taxonomie, CSRD, régulation IA, digital, etc... Les entreprises européennes sont prises entre deux architectures normatives qui ne racontent plus la même histoire du futur.

Pour les entreprises européennes : un nouvel équilibre transatlantique

Pression accrue sur les alignements géopolitiques

  • Position sur la Chine, sur les technologies sensibles, sur les sanctions et export controls : les États-Unis vont attendre des partenaires européens un degré de convergence plus élevé.
  • Pour un groupe européen avec chaînes de valeur globales, cela devient un sujet stratégique, pas seulement compliance.

Impacts sur le marketing stratégique des entreprises

Un marketing “multi-blocs” plutôt que “global”

Les entreprises ne peuvent plus se contenter d’un storytelling mondial uniforme. La NSS consacre l’idée que les blocs ne partagent plus les mêmes priorités économiques ni les mêmes récits politiques.

Concrètement, pour une entreprise française présente aux US :

En Europe, le socle narratif reste :

  • Climat, durabilité, inclusion, conformité réglementaire, transparence.

Aux États-Unis, le narratif attendu par les décideurs est davantage :

  • Création d’emplois locaux, relocalisation/nearshoring, contribution à la sécurité des chaînes d’approvisionnement, compatibilité avec l’agenda de réindustrialisation, sécurité énergétique, souveraineté technologique.

Même produit, même service, mais discours stratégique différent.

Repositionner la proposition de valeur du côté américain

Pour rester “politiquement acceptables” dans un contexte America First, les groupes européens ont intérêt à :

Documenter et mettre en scène :

  • Les investissements sur sol américain
  • Les sites industriels, les emplois directs/indirects, la montée en compétences locales
  • Le rôle du groupe dans la sécurisation de ressources stratégiques ou de supply chains critiques

Traduire leurs atouts historiques (innovation, climat, RSE) en langage compatible :

  • Non pas “moralisation”, mais sécurité économique, stabilité des coûts, fiabilité de long terme.

Impacts sur la stratégie de communication et les récits de marque

Architecture de marque multi-couches

Les directions communication vont devoir concevoir de véritables architectures narratives différenciées :

Noyau global : vision, mission, valeurs fondamentales (respect des droits humains, transparence, éthique, durabilité).

Couches régionales :

  • UE : accent sur conformité réglementaire, contribution à la transition, alignement avec les cadres européens
  • US : accent sur souveraineté énergétique, emplois, techno, résilience des infrastructures, alliance stratégique avec l’économie américaine

Le défi n’est pas cosmétique : il s’agit de tenir ensemble deux mondes politiques qui ne racontent plus la même chose sur l’énergie, le climat, la régulation et la société.

Impacts sur la stratégie de communication et les récits de marque

Gestion des discours sensibles (climat, diversité, démocratie)

Certaines thématiques utilisées comme leviers d’image en Europe deviennent potentiellement inflammables côté US, dans un contexte de “culture wars” :

  • Le rejet explicite des politiques Net Zero et de certaines formes de multiculturalisme dans la NSS peut nourrir des controverses médiatiques ou politiques autour d’entreprises jugées “trop alignées” avec l’agenda européen.
  • Inversement, un discours trop “pragmatique” côté US peut fragiliser la crédibilité RSE auprès des régulateurs, ONG et parties prenantes européennes.

Cela implique :

  • Cartographier les lignes rouges narratives dans chaque zone (mots, thèmes, signaux symboliques)
  • Adapter le ton sans renier le socle de valeurs, en jouant sur les registres : “sécurité”, “stabilité”, “prévisibilité”, “responsabilité économique”

Storytelling géopolitique explicite

La NSS assume une lecture géopolitique très structurée du monde. Les grandes entreprises n’ont plus le luxe de rester “hors du champ” :

Dans les discours de dirigeants, les rapports intégrés, les entretiens médias, il devient stratégique d’expliquer :

  • Comment l’entreprise gère ses ancrages entre États-Unis, Europe, éventuellement Chine et reste du monde
  • Comment elle pense la continuité de service dans un monde de sanctions, de guerres commerciales et de fragmentations normatives
  • En quoi son modèle économique contribue à la résilience des économies occidentales plutôt qu’à leur fragilisation

En résumé : la communication corporate doit intégrer une dimension de “géopolitique appliquée”, et pas seulement un discours RSE / innovation.

Quels sont les secteurs les plus exposés ?

Les exportations françaises vers les États‑Unis sont dominées par l’aéronautique, les produits pharmaceutiques, les boissons (vin, champagne, cognac) et les produits de luxe, qui représentent ensemble une part significative des flux.

Les groupes de ces secteurs disposent en plus d’investissements industriels massifs et d’emplois sur le sol américain, ce qui les rend particulièrement sensibles aux signaux politiques de Washington.

Secteur Exposition éco US (facts) Effets probables de la NSS 2025 sur marketing & com’
Aéronautique Premier poste d’exportation vers les USA, plusieurs milliards d’euros/an (données diplomatiques France–États-Unis). Pression pour valoriser emplois et usines aux États-Unis, discours très orienté sécurité / défense / souveraineté, gestion fine dans la communication des tensions techno (ITAR, export-control).
Pharma / santé Poste majeur des exportations françaises vers les USA, avec forte présence industrielle et R&D. Communication recentrée sur la résilience sanitaire, la sécurité d’approvisionnement, la contribution aux infrastructures de santé américaines, prudence accrue sur les sujets prix, brevets et image « Big Pharma ».
Vins & spiritueux Exportations élevées, secteur emblématique de la relation bilatérale, déjà ciblé par des tarifs à l’import. Récit renforcé sur l’apport culturel et économique local (emplois dans la distribution, tourisme, horeca US), intégration du risque de surtaxes dans la communication B2B et les actions d’affaires publiques.
Luxe (mode, parfums) Plusieurs milliards d’exportations, forte part de marché US, réseaux omni-canaux très développés. Adaptation des messages liés aux « valeurs » (inclusion, climat, diversité) au contexte politique américain, préparation à des polémiques culture-war et appels au boycott, narratif plus patriotique côté US (emplois, boutiques, fondations, insertion locale).

Leviers potentiels pour la stratégie com’

Pour l’aéronautique et la pharma, la priorité est de « sécuriser la licence sociale » aux États‑Unis :

  • Insister dans les prises de parole corporate et B2B sur la création d’emplois, les investissements industriels et la contribution aux infrastructures critiques américaines.
  • Traduire les engagements RSE européens en langage de « sécurité » (sécurité des patients, sécurité énergétique, continuité de service) plutôt qu’en langage uniquement climatique ou moral.

Pour le luxe et les vins & spiritueux, la gestion de la polarisation politique et des risques tarifaires devient centrale :

  • Développer des narratifs différenciés Europe/US : plus normatifs et climat‑centrés en Europe, plus centrés sur l’art de vivre, l’emploi local, le soutien aux communautés et au patrimoine dans la communication américaine.
  • Anticiper des scénarios de crise liant tarifs, appels au boycott ou critiques sur les « élites », avec des protocoles de réponse coordonnés entre com’ corporate, marques et réseaux de distribution US.

FAQ

La stratégie de sécurité nationale de 2025 fusionne la politique économique et la sécurité nationale, signalant aux entreprises que la protection des intérêts nationaux fondamentaux (notamment la sécurité des frontières et la production intérieure) est désormais la force motrice de l'engagement global des États-Unis.

Cet alignement exige que les entreprises adaptent leurs stratégies de chaîne d'approvisionnement et d'investissement pour maximiser les avantages d'une politique résolument orientée vers l'intérieur ("America First")

  • En quoi la NSS 2025 change-t-elle réellement mon environnement d’affaires, même si je ne suis pas exposé directement au marché américain ?

    Parce qu’elle reconfigure l’ordre économique occidental. Les États-Unis basculent vers une logique de souveraineté industrielle, d’énergie abondante et de normes technologiques propres, ce qui fragilise les standards européens.

    Même sans présence aux USA, vos partenaires, investisseurs, fournisseurs ou concurrents seront influencés par ce réalignement.

    La NSS agit comme un champ gravitationnel : elle redessine les chaînes de valeur mondiales, les règles du commerce et les technologies dominantes. Vous êtes donc concerné par ricochet, via vos marchés, vos coûts, vos régulations et vos récits corporate.

  • Si j’opère aux États-Unis, quel est le risque le plus sous-estimé aujourd’hui ?

    L’inadéquation narrative. Beaucoup d’entreprises européennes continuent de communiquer aux États-Unis avec les codes de l’UE : climat, inclusion, transition, régulation.

    Dans un contexte de culture wars et de recentrage souverainiste, ces messages peuvent être interprétés comme politiques, voire hostiles à l’agenda américain.

    Le risque n’est pas simplement réputationnel : il influence l’obtention de contrats publics, l’acceptabilité sociale de vos implantations, voire votre exposition à des campagnes de boycott instrumentalisées. Le premier risque n’est donc pas commercial, mais culturel.

  • Comment dois-je repositionner ma communication de dirigeant dans ce contexte ?

    En assumant une parole beaucoup plus stratégique. Les dirigeants doivent désormais montrer comment leur entreprise contribue à la souveraineté énergétique, technologique ou industrielle des pays où elle opère.

    Ce n’est plus un récit de responsabilité sociétale, mais un récit de stabilité, de résilience et de sécurité économique.

    Votre parole doit intégrer explicitement les sujets : chaînes d’approvisionnement, autonomie technologique, cybersécurité, talent management, ancrage local.

  • Quelle est la priorité absolue du gouvernement en matière de politique économique nationale et quel impact cela a-t-il sur l'allocation des ressources et les décisions d'investissement ?

    La priorité absolue est la sécurisation et la croissance de la base industrielle et manufacturière américaine.

    Cultiver la force industrielle américaine doit devenir la priorité absolue de la politique économique nationale.

    L'objectif est de reconstruire une économie où la prospérité est largement partagée, et non concentrée.

    Cela se traduira par des efforts de réindustrialisation et de « rapatriement » (re-shoring) de la production industrielle, en mettant l'accent sur les secteurs technologiques critiques et émergents

  • Comment les entreprises peuvent-elles tirer parti du pivot stratégique du gouvernement vers l'hémisphère occidental ?

    L'Hémisphère Occidental est désormais la priorité géographique la plus élevée des États-Unis.

    Les entreprises devraient anticiper un engagement accru par le biais de la diplomatie commerciale, où le gouvernement cherchera à renforcer les chaînes d'approvisionnement critiques dans la région et à augmenter la résilience économique américaine.

    Le gouvernement américain s'engage à aider les entreprises américaines à concurrencer et à réussir, notamment en identifiant des opportunités d'acquisition et d'investissement stratégiques (y compris dans les infrastructures énergétiques et l'accès aux minéraux critiques).

  • Quels seront les outils principaux utilisés par le gouvernement pour rééquilibrer les relations commerciales internationales, et quels risques cela pose-t-il ?

    Les États-Unis utiliseront le principe de la « Fairness » (Équité) pour insister sur des relations réciproques et des transactions mutuellement avantageuses.

    Le gouvernement priorisera le rééquilibrage des relations commerciales, la réduction des déficits commerciaux, et l'arrêt du dumping et des pratiques anticoncurrentielles.

    Les tarifs douaniers et les accords commerciaux réciproques sont définis comme des outils puissants pour renforcer l'économie nationale et les industries

  • Dans quels domaines technologiques l'administration US cherche-t-elle à garantir la domination mondiale, et pourquoi ces domaines sont-ils stratégiques ?

    Le gouvernement US vise à maintenir la domination dans les technologies de pointe, en particulier l'Intelligence Artificielle (IA), la biotechnologie et l'informatique quantique.

    La suprématie scientifique et technologique est un pilier de la dominance économique continue et de la supériorité militaire des États-Unis.

    De plus, le maintien de la prééminence économique et technologique est considéré comme le moyen le plus sûr de dissuader et de prévenir un conflit militaire à grande échelle à long terme.

  • Quel rôle est assigné au secteur de l'énergie et comment cela soutiendra-t-il la base industrielle ?

    La restauration de la dominance énergétique américaine (pétrole, gaz, charbon et nucléaire) et le rapatriement des composants énergétiques clés constituent une priorité stratégique de premier plan.

    Une énergie abondante et bon marché est censée alimenter la réindustrialisation, créer des emplois bien rémunérés et réduire les coûts pour les entreprises américaines et les consommateurs.

    L'expansion des exportations nettes d'énergie renforcera également les relations avec les alliés et réduira l'influence des adversaires

  • Que dois-je revoir en premier dans mon marketing stratégique pour anticiper la prochaine décennie transatlantique ?

    Votre matrice de valeur. Jusqu’ici, le cœur du marketing consistait à démontrer la supériorité fonctionnelle ou émotionnelle d’un produit.

    Désormais, il faut démontrer son utilité géopolitique :

    • Comment il sécurise une chaîne de valeur
    • Comment il réduit la dépendance
    • Comment il renforce un territoire
    • Comment il s’inscrit dans un cadre normatif crédible
    • Comment il répond à des attentes politiques émergentes

    Le marketing redevient un outil de positionnement stratégique : un espace où se jouent souveraineté, identité et acceptabilité sociétale.

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Jérôme Libes : Associé co-fondateur et expert en stratégie digitale à Bordeaux
Jérôme Libes

Président d’Influa, Jérôme Libes accompagne les directions générales, marketing et communication dans la construction et la mise en place d'une stratégie digitale de marque.

Il pense les marques comme des systèmes vivants dans le temps et l'espace. Il articule vision, design des interactions et gouvernance des contenus. Son approche relie culture, data et usage. Elle vise l’utile : des dispositifs qui éclairent, structurent et durent. Il intervient sur des enjeux de transformation, d’alignement narratif et d’efficacité digitale.

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